Avec l’apparition des réseaux sociaux et l’accroissement des libertés personnelles de nombreuses limites ont éclaté. Les « impostures » et les mises en scènes malveillantes sont désormais monnaies courantes. Cette « évasion de l’identité » est également utilisée a des fins artistiques.

« Moi en exposition » de Gabriel Buret est une exposition permanente – à l’initiative de Fabien Breuvart/Images & portraits – qui joue sur cette tendance de la libéralisation du Moi. L’artiste a collecté plus de 700 photos d’identités disponibles librement sur les réseaux sociaux pour « mettre en avant la manière dont on décide aujourd’hui de se représenter soi-même dans cet espace aussi ouvert et visible qu’est devenu l’internet ». L’uniformité évidente de ces photos d’identités traduit la codification volontaire ou non de notre représentation sur Internet, que ce soit dans certaines situations de la vie (en vacances, en couple…) que dans la manière de s’y mettre en scène (les pieds à la plage, en « mode rêveuse »…)

L’apposition de ces tirages à la vue de tous sur le mur d’une rue pose volontairement le problème des droits et de l’utilisation de ces images en permanence à la disposition de chacun sur la Toile. A qui appartiennent ces images? Quel rôle jouent-t-elles socialement, mentalement? Voici une partie des questions posées par cet étudiant en cinéma qui s’intéresse tout particulièrement à notre relation à l’apparence.