Une étude, récemment relayée par The Guardian, a démontré l’impact de la musique sur le cerveau. Nos sons favoris auraient les mêmes effets psychiques que la bonne nourriture ou la drogue, les points négatifs que l’on conçoit aisément en moins. Alors pourquoi ne pas utiliser la musicothérapie non plus comme un soin réservé aux initiés mais bien comme une masse-solution intégrée dans la ville ?

Les Hommes ont créé cet outil formidable pour s’isoler parmi la foule, cet objet qui permet de ne plus être disponible, de ne plus répondre aux questions dans la ville et donc de devenir une coquille opaque détournant les interactions. Les écouteurs et autres casques audio apparaissent ainsi comme de véritables isolants sociaux nourrissant les Hommes individuellement et pointant du doigt toute pollution sonore incontrôlée. Ghetto Blaster sur l’épaule, vous rêvez de déambuler dans la ville en diffusant au monde vos sons favoris ? Hélas, notre société vous jettera rapidement la pierre car malgré votre sélection ultra pointue du top50, l’unanimité musicale est rarement atteinte. Vous vous sentez frustré ? Une solution existe.

Pour (enfin) trouver le bonheur dans l’expression musicale, il vous faut faire quelques kilomètres et atterrir dans la ville de Taipei au nord de Taiwan. Vous aurez la joie d’y découvrir cet immense stéréo robot baptisé BigPow immaginé par l’artiste local Akibo Lee et commandé par le département des affaires culturelles de la ville. De 10h à 13h et de 15h à 20h, en branchant simplement votre portable ou lecteur mp3 au cable jack situé dans l’épaule du gorille robotisé, vous deviendrez le DJ du quartier.

Fini donc les intra-auriculaires, la ville peut redevenir ce lieu convivial d’expression et de découverte où le bruit des voitures ne règne plus. Let the music play.