L’Homme est une espèce étrange. Capable de se détourner de ses proches (vivants) pour réactiver un certain intérêt après leur mort ! C’est ce qui se passe régulièrement dans les médias avec des individus plus ou moins connus. Pas une visite, pas une carte, pas un déjeuner en famille, pas un reportage, pas une présence Tv et d’un coup… lumière! J’ai l’impression que certain individus sont mis en quasi quarantaine jusqu’à leur mort. De ce fait, on attend jamais autant parler d’une « Star » que lorsqu’elle vient d’atterrir à la morgue. Reportages, émissions spéciales, couvertures de magazines, biographies, compilation pour les chanteurs, rééditions pour les écrivains etc. Finalement la mort est similaire à une seconde naissance. La mort provoque un sursaut pour les vivants. Sans doute qu’être délaissé après sa mort est le pire des châtiments. Ainsi, au-delà du fait que la mort rapporte de l’audience pour les médias et de l’argent pour les plus opportunistes, personne ne veut être enterré six pieds sous terre sans un dernier hommage du monde Vivant. C’est cette philosophie du sursaut que je veux modestement dénoncer aujourd’hui. Je ne suis pas fataliste. La mort doit arriver, il faut donc en profiter avant! En revanche, je ne peux pas supporter la fausse compassion et ce regain d’intérêt pour les choses disparues. Je ne reviens pas sur le cas Mickael Jackson, sans doute l’Engouement Post Mortem le plus puissant de tous les temps. En revanche, la disparition de Lévi-Strauss (je ne m’attarde pas sur l’homme pour justement ne pas tomber dans ce que je dénonce) va nécessairement générer cet engouement. Très rapidement vous allez rencontrer des dossiers spéciaux, des émissions, des rééditions, statuts Facebook et Twitter à propos de lui. Sans aller plus loin, je ne regrette (même) pas que certains fassent de l’argent avec le corps d’un mort. C’est la règle du jeu, si votre conscience vous le permet… Ce que je regrette c’est que l’on ne profite pas assez de l’être avant qu’il s’en aille. Il faut savoir rendre Kairos chaque instant. Un être comme Lévi-Strauss n’est, selon moi, pas suffisamment intervenu dans l’espace public. Dommage, ON préfère la télé-réalité. Désolé pour ce raccourci final – la télé-réalité n’est pas mon bouc-émissaire – mais cette médiatisation (pas uniquement de la part des médias, de tout le monde en général) de la mort m’exaspère. Replongeons dans Tristes tropiques mais sans lumières inutiles et forcées.