Un récent article paru dans le New York Times s’est appliqué à mettre en avant l’ironie de la technologie numérique.  L’idée était de montrer que plus l’avancée technologique est importante – notamment dans le secteur des appareils photo numériques et des téléphones portable – plus l’Homme a tendance à se rapprocher de l’imperfection so vintage des Polaroids et des Lomos. Les applications pour iPhone comme « Hipstamatic » ou « Polaroid » sont de véritables succès et marquent cet étonnant désir de retour vers le passé.

Mais cette tendance ne se restreint pas qu’à l’image, la musique est également sujette à cette recherche du Retro. Le site iZotope Vinyl vous permet de remixer vos mp3 en y insérant le fameux crépitement des 33 tours de notre enfance. Pour aller plus loin, il est également possible de tuner ou plutôt « detuner » n’importe quel site internet via Geocities-izer. Cette plateforme vous propose de transformer une page web « comme si elle avait était créée par un enfant de 13 ans en 1996″.

Sans tomber dans le débat analogique vs numérique – jamais personne n’échangerait volontairement son smartphone contre l’un des premiers pavés mobiles – il est intéressant de se demander la raison d’un tel intérêt pour le vintage. Pour les moins jeunes, on peut parfaitement envisager que la possibilité de pouvoir recréer une sensation du passé soit inestimable. C’est ce que l’on appellera la madeleine de Proust 2.0.

Pour la génération Z qui n’a pas connu l’argentique et les microsillons, cette recherche de l’ancien marque un besoin d’être nostalgique (d’une période inconnue de façon direct) en s’imprégnant du passé.

Finalement, on peut se demander si la perfection technologique ne ferait pas peur à l’Homme (la quête du parfait ne serait plus une priorité?). Cette tendance serait en fait révélatrice d’un désir très humain de reconnaître que notre vie est belle dans son imperfection.

Pour télécharger le PDF de cet article, c’est par là: Madeleine de Proust 2.0