Le monde des signes serait-il en train de s’effondrer ou du moins de subir un régime forcé ? Vous portez des Wayfarer (même la nuit) pour les éviter et ne pas trop avoir affaire à eux. Eux ce sont ces symboles qui construisent notre monde. Qu’ils soit à tendance commerciale ou purement informatifs, vous ne pouvez pas vous en défaire. Inévitablement, il fallait s’attendre à ce que l’Homme prenne tôt ou tard la tangente. Se rendant compte que le jaillissement massif d’informations atteint rapidement ses limites, ce dernier inventa (remis au goût du jour) le minimalisme.
Pour redonner du sens aux signes et conquérir de nouveaux nos cerveaux imperturbables, il fallait jouer la carte de l’épuré, de la simplicité sans tomber tout fois dans le banal, l’imperceptible. Le « Less is more » d’Andrée Putman ne meurt jamais, il finit toujours par renaitre de ses cendres. Vous l’aurez compris, pour se faire remarquer, il faut se la jouer discret.
Ainsi, nous ne pouvons être plus que sceptique quand à l’objectif de ce projet pour Marlboro. A moins de vouloir favoriser la consommation de cigarettes, le minimalisme et l’unbranding ne me semble pas une solution judicieuse. Et pourtant c’est bien le parti-pris créatif choisi par l’agence londonienne Build pour répondre au brief de sa majesté.
« We chose to approach the design almost from a non-design perspective. Stripping out any superfluous design elements and taking it down to an ultra-“generic” feel was quite liberating. »
Il y a fort à parier que le résultat soit plus que contre productif. Les fumeurs seront fiers d’exhiber leurs nouveaux paquets « tendance » d’autant plus qu’il sera plus facile pour eux de tromper l’ennemi squatteur de clopes qui repère à l’accoutumé le pack de sa marque favorite à 3 kilomètres à la ronde. Malgré tout, il est intéressant de noter le travail de dé-construction opéré ici. Le souhait de Raymond Loewy, de rendre le packaging identifiable une fois jeté au sol, s’écroule. Amis fumeurs, le design ne vous sauvera pas. A moins que [...]